Il pleut sur la verte campagne
Où j'ai grandi
Il pleut sur le coin de montagne
Lieu maudit où je fus pris.
Et je passe mes jours à regarder le ciel
Par la lucarne grillagée
Et je passe mes nuits à rêver de soleil
Que je ne reverrais plus jamais.
Je ne peux m'empêcher de revoir
Ma maison, toute de lierre garnie.
Certains jours il me semble revoir
Son jardin tout de rose fleuri.
Et mon village, mon dieu, qu'il était beau
Avec sa place entourée de verdure
Il avait de l'allure, là-haut sur son coteau
Lorsque le soleil faisait luire ses toitures.
Je revois tout ces prés, ces arbres et ces oiseaux
Ces colombes, les mésanges qui de leurs gazouillis
M'aidaient à retourner dans mon foyer bien chaud
Pour retrouver ma femme, ma vie.
Et voilà où elle m'a conduit, ma vie
Dans ce trou sombre, sâle et puant
A la paillasse plate et aux murs décrépis
Où je devrais rester de longues heures durant.
Puis un jour, un matin sûrement
La porte s'ouvrira
Et l'on me conduira
Sous le biseau brillant.
Il pleut sur la verte campagne
Où j'ai grandi
Il pleut sur le coin de montagne
Où j'ai laissé ma vie.
Bernard



